Notre cerveau limbique ne pense pas (encore) à la sécurité

Peter Graller
3 octobre, 2019

Travailler en sécurité n’est pas compliqué. Les outils et les moyens de protection existent, tout comme les intentions et les lois. Pourtant, ça ne marche pas toujours. Nous pouvons avancer plusieurs explications, comme les délais très serrés pour les entreprises de construction. Mais peut-être, devons-nous aussi nous intéresser un peu à notre cerveau. Notre cerveau limbique, pour être précis.

95 % de nos actes, nous les faisons avec notre cerveau limbique. Il s’agit du siège de nos émotions, de notre motivation et de notre comportement social.

C’est la position du consultant Samurai at Work qui donnera un exposé, pour la Confédération, à Matexpo. La construction est effectivement un secteur particulier, avec des caractéristiques spécifiques. Mais en fin de compte, ce sont des gens qui font leur travail comme les autres. Il n’y a aucune raison de penser que les ouvriers du bâtiment et les entrepreneurs ont un cerveau différent de celui des autres travailleurs.

Trois cerveaux

Non, le problème est plutôt que notre cerveau est divisé en trois parties, ce que le neuroscientifique Paul MacLean appelle le cerveau « triunique ».

D’un côté, il y a le cerveau reptilien. Il est responsable des fonctions vitales auxquelles nous ne pensons pas : respirer, un réflexe d’évasion en cas de danger ou de douleur. À l’opposé, on retrouve le cerveau « humain » proprement dit, le néocortex. C’est la partie du cerveau qui nous permet de penser intelligemment et d’agir consciemment.

Nous copions, par exemple, inconsciemment et plus que nous le réalisons, le comportement des autres autour de nous.

Mais 95 % de nos actes, nous les faisons avec une troisième partie de notre cerveau : le cerveau limbique. Il s’agit du siège de nos émotions, de notre motivation et de notre comportement social. Il détermine comment nous nous sentons et comment nous nous comportons inconsciemment. Nous copions, par exemple, inconsciemment et plus que nous le réalisons, le comportement des autres autour de nous.

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Limitations de vitesse

Les experts de la circulation ont déjà découvert depuis longtemps que les panneaux de signalisation et les limitations de vitesse ne garantissent pas la sécurité de la route. Le tracé de la route est également important. Le néocortex du conducteur voit sur le panneau de signalisation qu’il ne peut rouler qu’à du 50 km/h. Mais le cerveau limbique voit une belle route large et droite.

Qui gagne ? Trop souvent, c’est notre cerveau limbique. L’aménagement de la route n’est pas bon. Si nous voulons guider les gens à travailler en toute sécurité, nous devons donc nous adresser non seulement au cerveau humain, mais aussi et surtout au cerveau limbique.

Un compliment comme « Bien, Marc, je vois que tu portes tes chaussures de sécurité » peut être considéré comme une récompense.

Intention ≠ comportement

Si l’on demande « Qui est venu ce matin au travail avec l’intention de causer un accident ? », peu de personnes répondront par la positive. Mais des accidents se produiront quand même, souvent en raison d’un comportement dangereux.

Convaincre quelqu’un de l’utilité de travailler en sécurité est un bon début, mais pas une garantie qu’il ou elle le fasse réellement. Pour changer le comportement, il faut, non seulement compter
sur les intentions, mais travailler aussi au comportement même.

Contrôler le cerveau limbique

Notre cerveau limbique fonctionne, dans certains domaines, comme un cheval. Vous pouvez enseigner les choses. Par exemple, en récompensant (et dans une moindre mesure en sévissant). Notre cerveau réagit à un compliment, tout comme à une récompense. Elle pousse notre corps à produire des dopamines qui donnent un sentiment de bonheur.

Un compliment comme « Bien, Marc, je vois que tu portes tes chaussures de sécurité » peut être considéré comme une récompense. Le cerveau limbique reproduit principalement des comportements récompensés par l’environnement (ou pas punis). La confirmation positive contribue donc à promouvoir un travail en toute sécurité.

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